1. La mondialisation de l’industrie du disque

Au cours des années 1980, la mondialisation des marchés touche directement le domaine de la chanson.

 

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Les Yeux de la faim (1985)

Au cours des années 1980, la mondialisation des marchés touche directement le domaine de la chanson. Les enjeux internationaux sont très présents dans les médias : famine, guerre, environnement. En Angleterre et aux États-Unis, de grands événements rock se produisent à partir de 1983, tels Band Aid, Live Aid et USA for Africa (et la chanson We Are the World) ; ces concerts télévisés de grande envergure poursuivent des objectifs d’aide humanitaire. Au Québec, en 1985, le projet collectif Les yeux de la faim permet d’amasser des fonds pour la Fondation Québec-Afrique. De très nombreux artistes y participent, de Gilles Vigneault à Nathalie Simard, en passant par Patsy Gallant, Sylvain Lelièvre et Normand Brathwaite. L’heure n’est plus à la séparation, mais à la mondialisation. De grandes compagnies de disques fusionnent, des chanteurs de différents pays forment des duos, de nouvelles méga-vedettes obtiennent des succès internationaux. Au Canada, MuchMusic et MusiquePlus permettent une diffusion nationale des vedettes montantes. Le Canada voit naître ses propres grandes vedettes : Bryan Adams, Corey Hart et Céline Dion deviennent des méga-stars, que l’on peut comparer aux célébrités telles que Madonna, Michael Jackson, Prince ou Peter Gabriel.

Céline Dion en prestation lors du
téléthon Jean Lapointe, 1987

Les compagnies de disques recherchent des artistes rentables, ayant un fort potentiel et un talent vocal exceptionnel. Ce fut le cas de Céline Dion, née à Charlemagne, en banlieue de Montréal, en 1968. Elle n’a que 12 ans lorsqu’elle est prise en charge par son gérant et futur époux René Angélil. La jeune artiste chante pour la venue du pape à Montréal en 1984. Trois ans plus tard, un contrat de disque avec la multinationale Columbia pour l’album Incognito lui garantit un très grand succès. Céline Dion est le modèle parfait de la construction d’une star. D’importantes compagnies de disques, de production de spectacles et de marketing investissent des sommes d’argent colossales pour la création de chansons faites sur mesure pour une Céline Dion qui évolue elle aussi sur mesure, au goût de l’industrie.

En 1990, Céline Dion sort un premier album en anglais intitulé Unisson, avec lequel elle obtient un franc succès. Sa popularité sur le marché anglophone est désormais confirmée, même si la chanteuse refuse le Félix dans la catégorie « Meilleure artiste anglophone de l’année » que lui décerne l’ADISQ (au Québec) lors de son gala télévisé annuel. Ses fans québécois apprécient généralement son ambition et la soutiennent plus que jamais. Son succès planétaire ne la détourne cependant pas de sa langue maternelle. Les deux albums Dion chante Plamondon (1992), puis D’eux (1995), sur lesquels elle interprète des pièces créées spécialement pour elle par le Québécois Luc Plamondon et le Français Jean-Jacques Goldman, connaissent un succès éclatant. Céline Dion perce le marché de la France et devient l’artiste francophone ayant vendu le plus de disques. Elle poursuit sa carrière de plus belle au tournant des années 2000.

Les BB à l’occasion du lancement
de leur album éponyme à Montréal
en novembre 1988

D’autres artistes de la chanson francophone connaissent un grand succès au cours des années 1980-1990. La carrière de chanteurs tels que Daniel Lavoie, Ginette Reno, Richard Séguin, Marjo, René Simard, Zachary Richard, Michel Rivard et Édith Butler prend un nouveau tournant. En même temps émergent des artistes de la relève francophone. Mentionnons Marie Carmen, Mario Pelchat, Johanne Blouin, Roch Voisine, Daniel Bélanger, Kevin Parent et Martine St-Clair, ainsi que les groupes Vilain Pingouin, les B.B., Hart rouge. Ces jeunes artistes utilisent pleinement le potentiel de l’image. C’est aussi le cas de Luc de Larochellière, Joe Bocan, les Colocs, Jean Leloup, et surtout Mitsou dont les vidéoclips osés alimentent la controverse ; certains canaux refusent même de les diffuser. Que ce soit sur scène, à la radio ou à la télévision, le Canada francophone dispose de moyens accrus pour faire découvrir et apprécier ses artistes.

Daniel Lavoie, 1997

Martine St-Clair au 7e gala
de l’ADISQ, août 1986

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